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Férie

vendredi 30 janvier 2015

Famille de Saint Joseph
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« Jésus leur annonçait la Parole » : l’expression peut surprendre. Lorsque nous annonçons un message, nous communiquons à nos interlocuteurs un discours composé d’un certain nombre de paroles. Ici par contre, l’objet de la communication est constitué d’une seule Parole. Pourtant Notre-Seigneur est obligé de raconter de nombreuses paraboles pour transmettre l’information contenue dans cette unique Parole.
Nous pressentons le caractère mystérieux de cette Parole qu’il est impossible de prononcer, délivrer, communiquer en tant que telle, mais qui ne peut être que désignée, suggérée, dans un discours parabolique. Or, comme son nom l’indique, la para-bole veut nous élever de ce qui est décrit dans le récit, vers ce qu’il annonce ; ou encore : de ce qui est perceptible et donc susceptible d’être formulé dans le langage, vers ce qui est présent de manière imperceptible et qui demeure dès lors indicible, ineffable. La parabole veut donc nous mettre en route vers une destination inconnue, qui est précisément cette fameuse Parole que Jésus annonce et qu’il désigne également comme étant le « Règne de Dieu ».
Mais quelle peut bien être cette Parole ineffable qui demeure cachée en arrière-fond de la réalité quotidienne - les paraboles nous parlent toujours du monde qui nous entoure - si ce n’est la Parole créatrice du Dieu vivant, qui maintient toutes choses dans « la vie, le mouvement et l’être » (Ac 17, 28) ? Si cette interprétation est juste, alors le « Règne de Dieu » désignerait le monde nouveau que Dieu est en train de créer au cœur du monde ancien, mortellement blessé par le péché. Vérifions cette hypothèse en l’appliquant aux deux paraboles que nous venons d’entendre.
La première parabole nous parle de la mystérieuse germination et maturation du grain jeté dans le champ. Cette fécondité est attribuée à la terre : c’est elle en effet qui « produit » d’abord l’herbe, puis l’épi et enfin « du blé plein l’épi ». Or Jésus lui-même nous explique que le grain représente la Parole ou le Règne de Dieu (Mc 4, 14) ; la « bonne terre » désigne ceux « qui l’entendent et l’accueillent » (4, 20). C’est bien la semence qui produit du fruit au centuple, mais à condition d’être accueillie par une terre bienveillante, qui nourrit le germe de sa propre substance comme le sein maternel abrite la semence paternelle.
Jésus suggère par cette image que si nous accueillons dans la foi la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu vainqueur du péché et de la mort, cette Parole, parce qu’elle est la Parole créatrice de Dieu, accomplira en nous ce qu’elle annonce : elle nous renouvellera de l’intérieur et instaurera en nous le Règne de Dieu. L’action de la grâce (la semence) suppose la nature (la terre) et porte celle-ci à son accomplissement (l’épi plein de blé). La fécondité finale est l’œuvre conjointe de la semence et de la terre, de la grâce et de la nature, réconciliées par l’amour miséricordieux révélé en la personne même de Jésus, qui unit en lui la nature divine et la nature humaine.
La seconde parabole souligne la démesure de l’action divine dans cette collaboration entre la nature et la grâce : la Parole de Dieu nous est proposée dans la discrétion des récits paraboliques, qui n’imposent pas une interprétation unique, mais se contentent de suggérer le mystère. Ils nous invitent à nous mettre en route mais ne nous contraignent pas. Ils ne prétendent à aucune évidence, ni sensible ni rationnelle, mais ouvrent devant nous un chemin à parcourir, dans la force de la confiance en celui qui nous les propose, et de l’espérance qu’ils éveillent en nous. Heureux celui qui entend la Parole et qui la garde.

« Marie, tu t’es ouverte à la Parole ; tu l’as accueillie dans la foi avant de la concevoir dans ta chair. Donne-nous de répondre comme toi : “Voici la servante du Seigneur ; que tout se fasse pour moi selon ta Parole” (Lc 1, 38), afin que nos vies, fécondées par la grâce, portent le fruit que Dieu en attend. Nous serons alors les artisans du Royaume dont le Seigneur veut avoir besoin pour manifester et étendre sa bienveillante seigneurie sur tout l’univers. »
Père Joseph-Marie
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