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Christ-Roi

dimanche 25 novembre 2007

Famille de saint Joseph
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Fil rouge :

En ce dernier dimanche du temps ordinaire, nous célébrons la solennité de Jésus-Christ roi de l’univers. Cette fête fut instaurée par le pape Pie XI le 11 décembre 1925 par l’encyclique « Quas Primas » pour « ramener et consolider la paix par le règne du Christ ».
Les textes de la liturgie présentent plusieurs aspects de cette réalité. Le second livre de Samuel (1ère lecture) parle de l’unification de toutes les tribus d’Israël qui reconnaissent l’autorité royale de David comme dérivant de celle de Dieu. Le Psaume 121 (122), quant à lui, reconnaît Jérusalem, le trône de David, comme le point d’union des tribus d’Israël pour adorer le Seigneur : « Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu'un ! C'est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur. C'est là qu'Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur. C'est là le siège du droit, le siège de la maison de David ». L’évangile de saint Luc présente de son côté une image de roi en net contraste avec celle qui ressortait des lectures précédentes. Jésus, objet de dérision et de mépris, meurt sur la croix comme un criminel et l’écriteau qui est cloué au-dessus et qui le désigne comme « roi des Juifs » n’y change rien ! C’est la deuxième lecture, extraite de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens, qui va nous fournir la clef pour entrer dans ce mystère de la mort en croix du Christ comme sommet de la révélation de sa royauté sur l’univers. Il est capital de remarquer ici que le règne universel du Christ nous est présenté à travers sa mort sur la croix en termes de réconciliation, de rédemption, de pardon des péchés et de paix : « Car Dieu a voulu que dans le Christ toute chose ait son accomplissement total. Il a voulu tout réconcilier par lui et pour lui, sur la terre et dans les cieux, en faisant la paix par le sang de sa croix ». On ne peut lier plus clairement la royauté du Christ à sa mission de salut.

Actualisation :

Seul le regard de foi qui perce les apparences sensibles peut nous faire voir en Jésus le Fils de Dieu le Père qui, comme saint Paul le rappelle, nous a arrachés des ténèbres pour nous faire entrer dans son Royaume. Seul le regard de foi peut nous faire discerner en lui celui en qui nous sommes pardonnés. Tel est le regard du bon larron qui est le seul sur les lèvres duquel saint Luc place le nom de « Jésus ». Dans le 3ème évangile, il est le seul à oser appeler Jésus du nom que Dieu lui a donné dès avant sa conception : « Jeshoua », « Dieu sauve » (Lc 1, 31). Illustration on ne peut plus claire que c’est dans la propre personne du Christ que le Royaume qu’il inaugure et le salut qu’il apporte sont unis.
En exauçant la demande du supplicié, Jésus manifeste que son Royaume, son salut, n’est pas à remettre dans un futur lointain mais qu’il est déjà à l’œuvre, ici et maintenant, pour celui qui est disposé l’accueillir : « Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis ». Osons-nous croire que cet aujourd’hui du Royaume, cet aujourd’hui du salut, puisqu’il est lié à la personne de Jésus, s’étend à tous les aujourd’hui de l’histoire ? Osons-nous croire qu’il est aussi le nôtre ?
A chaque eucharistie, nous sommes mystérieusement mais bien réellement rendus présents au pied de la croix. Saurons-nous entendre résonner ces paroles de Jésus : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis ». Encore nous faudra-t-il comme le bon larron le lui demander, ce qui veut dire que nous aurons reconnu, d’une part, notre besoin d’être sauvés à cause de notre péché et d’autre part, que notre salut réside en lui.
Implorer le Christ de venir régner sur notre monde, c’est donc avant tout lui présenter nos vies marquées par le péché et appeler sur elles son salut. Alors transfigurés, sanctifiés, nous pourrons par le ministère royal qu’il nous a confié au jour de notre baptême être canal de sa grâce de communion et de réconciliation pour notre monde.
Fr. Elie
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