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1er dimanche de l'Avent

dimanche 2 décembre 2007

Famille de Saint Joseph
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FIL ROUGE
« Venez, montons à la montagne du Seigneur… Marchons à la lumière du Seigneur » (1ère lect.). Le ton est donné : le temps de l’Avent, et l’année liturgique nouvelle qui s’ouvre avec lui, est une marche communautaire vers le lieu de la présence de Dieu, discerné à la lumière de l’Esprit.
Les pèlerins viennent de partout : « toutes les nations afflueront » pour recevoir les directives du Seigneur. Quel est le sujet de son enseignement ? Nous apprendre à « forger de nos épées des socs de charrue, et de nos lances des faucilles », conduire nos pas au chemin de la paix. Ne sous-estimons pas le prix à payer pour obtenir ce bien précieux entre tous : n’est admis dans cette caravane que celui qui est prêt à renoncer à tous les motifs de division qui enténèbrent son cœur : « disputes, jalousies, amertume, rancœur, haine… ». Il s’agit de « rejeter les activités des ténèbres », et de « nous revêtir pour le combat de la lumière » (2nd lect.).
Mais des hommes de bonne volonté n’ont-ils pas essayé avant nous, et tout au long de l’histoire, de construire la paix en renonçant à la violence ? Leur échec ne prouve-t-il pas que ce projet est utopique ? Saint Paul répond en substance que pour l’homme, certes, c’est impossible ; mais si nous « revêtissions le Seigneur Jésus-Christ » par la foi, l’Esprit de paix reposerait sur nous et nous donnerait la capacité d’adopter un comportement nouveau ; d’orienter et d’animer nos activités quotidiennes de manière à devenir des « artisans de paix », comme il convient à des « fils de Dieu » (Mt 5, 9).
Le chrétien ne fait pas forcément d’autres choses que ses contemporains ; mais il les fait autrement : il les accomplit dans la perspective du Royaume qui vient et qui peut surgir à chaque instant. Pour être prêt lorsque le Fils de l’homme viendra, et « être jugé digne de paraître debout devant lui » (Lc 21, 34-36), il ne laisse pas son cœur s’alourdir dans la recherche de jouissances terrestres ou dans les préoccupations excessives, comme le font ceux qui appartiennent à la nuit de ce monde. Mais en fils de lumière, il « se conduit honnêtement, comme on le fait en plein jour » (2nd lect.). Le chrétien certes « mange, boit, se marie », mais il a fait sa demeure dans l’Arche - symbole de l’Eglise - dans laquelle il s’apprête à faire le grand passage « le jour où son Seigneur viendra ».
On nous objectera sans doute qu’il eut été plus simple que le Christ nous révéla la date de son retour : nous aurions au moins pu nous y préparer ! Soyons sincères : si nous connaissions le jour et l’heure, ne remettrions-nous pas à demain une conversion qui s’impose aujourd’hui ? De renvoi en renvoi, et d’enlisement en enlisement, viendrait le jour où nous aurions « oublié » la date du rendez-vous, car notre désir se serait éteint.

ACTUALISATION
Le mot d’ordre pour ce temps de l’Avent est clair : revenir à l’essentiel, nous souvenir que nous sommes des pèlerins en marche vers la Terre promise : « Quelle joie quand on m’a dit : “Nous irons à la maison du Seigneur !” » (Ps 121). Le chemin qui gravit la montagne de Dieu n’est cependant pas de tout repos : pour ne pas fléchir en cours d’ascension, il est même indispensable de nous débarrasser du vieil homme, et d’accueillir la jeunesse de l’Esprit, par une « foi agissante dans la charité » (Ga 5, 6). Car c’est dans la mesure où nous serons unis au Christ par l’obéissance à sa Parole, que nous le reconnaîtrons et qu’il nous reconnaîtra lorsqu’il viendra au-devant de nous pour nous introduire dans la demeure du Père.
Aussi, n’en restons pas à de pieuses considérations, mais avec la grâce de Dieu, engageons-nous dans un véritable travail de conversion. C’est le Prince de la Paix qui vient à nous : quelles sont les épées que j’ai à transformer en socs de charrue, les lances dont j’ai à faire des faucilles ? (cf. 1ère lect.) Quel comportement me faut-il amender, quel trait de mon caractère me faut-il travailler, quel sentiment me faut-il extirper - avec l’aide de la grâce - pour accueillir la seigneurie du Christ dans ma vie, et hâter ainsi son retour glorieux ?
« Donne à tes fidèles, Dieu tout-puissant, d’aller avec courage sur les chemins de la justice à la rencontre du Seigneur, pour qu’ils soient appelés, lors du jugement, à entrer en possession du royaume des cieux » (Or. d’Ouv.).
Père Joseph-Marie
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