homelies.fr, une homélie pour chaque jour de l'année

6e dimanche du Temps Ordinaire

dimanche 24 septembre 2006

Famille de Saint Joseph
Septembre 2006   semaine précédente Lu 18  Ma 19  Me 20  Je 21  Ve 22  Sa 23  Di 24  semaine suivante
Envoyer à un ami Imprimer
FIL ROUGE
La liturgie de ce dimanche se présente comme une illustration des « deux voies », entre lesquelles il nous faut impérativement choisir : « la voie large qui conduit à la perdition » ou « la voie resserrée qui conduit à la vie » (Mt 7, 13.14). Chacune des lectures est traversée en effet par une tension qui éclate en violence meurtrière. Impossible de rester un spectateur extérieur qui ne serait pas personnellement concerné par le débat : cette tension habite chacun d’entre nous ; depuis que le péché est entré dans le monde, nous sommes tous sans exception des être divisés, écartelés entre le bien et le mal, sollicités sans cesse par des désirs contradictoires.
Le livre de la Sagesse met en scène de manière dramatique l’opposition entre la vérité et le mensonge ; entre la justice et l’iniquité qui s’affrontent en nous et autour de nous. Le comportement de l’homme de bien à la fois attire et suscite la méfiance ; parce qu’elle dénonce nos complicités inavouables avec le mal(in), sa rectitude peut même éveiller des passions meurtrières. Le sage nous enseigne cependant qu’en s’attaquant au juste, c’est Dieu lui-même que les hommes mauvais défient.
Dans la seconde lecture, Saint Jacques explicite les mécanismes sous-jacents à la spirale de la violence : dès lors que nous nous laissons submerger par la convoitise ou la jalousie, nous devenons incapables de discerner « la sagesse qui vient de Dieu », et nous sommes livrés à la folie de nos passions désordonnées. Comble d’ironie : non seulement nous nous détournons du chemin de la vérité et de la paix, mais nous prétendons également entraîner Dieu dans nos égarements en lui demandant de « satisfaire nos instincts ».
A sa manière, l’Evangile poursuit sur le même thème : les apôtres discutent entre eux « pour savoir qui était le plus grand » parmi eux. On devine sans peine que ce genre de débat ne devait pas être particulièrement serein. Les compagnons de Jésus sont loin de penser que ce sont précisément les deux passions qui les divisent - la volonté de pouvoir et la jalousie - qui seront la cause de la mort de leur Maître, condamnation dont ils se rendent d’une certaine manière complices par leur égarement.

ACTUALISATION
Reconnaissons-le : « la jalousie, les rivalités qui mènent au désordre et à toutes sortes d’actions malfaisantes » (2nd lect.) ne nous sont pas inconnues. Mais nous découvrons par l’Evangile de ce jour, qu’aujourd’hui encore nous crucifions Notre-Seigneur par notre volonté de puissance qui engendre « conflits et guerres ». Il est légitime d’ambitionner la première place, à condition que ce soit dans le Royaume de l’amour, où règne une émulation d’humilité et de service. « Au milieu » du cercle des disciples, c’est-à-dire de l’Eglise, devrait toujours se tenir le plus petit - « l’enfant » - pour nous rappeler que le Royaume appartient exclusivement à ceux qui lui ressemblent. Accueillir celui qui ne se suffit pas à lui-même, c’est accueillir le Christ, et c’est accueillir en lui le Père. Est-il image de Dieu plus déconcertante que celle-là ?
Père Joseph-Marie
Retour haut de page