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1er dimanche de l'Avent

dimanche 30 novembre 2003

Famille de Saint Joseph
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Après la solennité du Christ, Roi de l’univers, qui tout en clôturant le temps ordinaire, oriente résolument nos regards vers l’eschatologie, l’Avent à la fois prolonge ce mouvement et creuse le désir du retour définitif du Seigneur en nous faisant contempler sa première venue. Entre la clôture de l’année précédente et l’introduction à la suivante il n’y a pas à vrai dire de coupure franche : le choix des lectures de la première partie de l’Avent (du 1er dimanche au 16 décembre) garde notre attention tournée vers l’avenir ; la liturgie ne se focalisera sur la nativité du Christ que dans les huit derniers jours du temps préparatoire à la fête de Noël.

« Voici venir des jours… » : l’invitation est à la vigilance. Il ne suffit pas de vaquer aux occupations quotidiennes comme si elles devaient durer pour toujours. Ce monde passe ; ou plutôt nous passons en ce monde pour en accueillir un autre qui se manifestera bientôt. L’expression « en ces jours-là » martèle la première lecture : il s’agit de contempler dans la foi ce qui s’annonce, afin de pouvoir orienter notre vie dans la bonne direction. Or ce que Dieu promet par la voix de son prophète, c’est la naissance d’un « Germe de justice » (1ère lect.). Si nous voulons accueillir cette grâce de justification, il nous « faut nous conduire de manière à plaire à Dieu » (2nd lect.), en exerçant « un amour de plus en plus intense et débordant à l’égard de tous les hommes ». Ainsi donc Dieu vient pour ceux qui s’exercent à la charité ; bien plus : il se rend présent dans l’effort même auquel nous consentons pour préparer sa venue. La discrétion de cet avènement au cœur de nos relations quotidiennes, contraste singulièrement avec le langage apocalyptique utilisé par Jésus. Notre-Seigneur déploie son message selon un triptyque bien connu : un ébranlement cosmique annonce la venue dans la gloire du Fils de l’homme, qui vient rassembler les élus de Dieu.


Jésus donne lui-même l’interprétation de sa proclamation dans la seconde partie de la péricope évangélique : l’ébranlement des astres renvoie à l’obscurcissement des facultés spirituelles, enlisées dans les œuvres de la chair : « débauche, ivrognerie », auxquelles Notre-Seigneur ajoute « les soucis de la vie ». Tout cela ramène l’homme vers la terre et l’y garde prisonnier, comme un oiseau saisi dans les filets de l’oiseleur. Le croyant par contre est invité à « se redresser » et à « relever la tête » : résistant au relativisme moral, il « reste éveillé » dans une prière de chaque instant, « recherchant ce qui est en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu » (Col 3, 1). C’est ainsi que les pieds sur terre, mais la tête au ciel, nous pourrons « être jugés dignes de paraître debout devant le Fils de l’homme ».



Actualisation

« Redressez-vous » : n’est-il pas vrai que l’Eglise, à l’image de son Pasteur, le pape Jean-Paul II, s’en va courbée comme un homme portant une lourde charge ? « La tête baissée », nous supportons tant bien que mal les mépris de la foule qui ironise sur nos croyances désuètes, ou fulmine contre notre morale étouffante. Le temps de l’Avent nous est donné pour faire mémoire, car le Seigneur est fidèle à sa promesse : « on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire ». Préparons-nous à cet avènement dans une courageuse attente et une priante espérance : « L’Esprit et l’Epouse disent : Viens ! Et que celui qui écoute dise : Viens ! Celui qui atteste ces choses le déclare : Oui, je viens bientôt. Amen, viens Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 17-20).
Père Joseph-Marie Verlinde
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