Fil rouge :
L'Eglise nous invite en ce deuxième dimanche du temps pascal à porter notre attention vers le mystère de la miséricorde, selon la demande de Jésus lui-même à Sainte Faustine Kowalska. Si les textes de ce dimanche ne nous parlent pas directement de la miséricorde, on peut cependant établir un lien entre celle-ci et la figure de Thomas doutant de la résurrection du Seigneur et demandant des preuves bien concrètes de celle-ci.
En invitant son Apôtre à avancer la main et à la mettre dans son côté, Jésus va bien lui donner une « preuve » tangible de sa résurrection. Mais en même temps, il lui intime de cesser d'être incrédule et de devenir croyant. En fait, Jésus invite Thomas à dépasser une incrédulité qui ne concerne pas le fait de la résurrection (qui est maintenant pour lui de l’ordre de l’évidence sensible) mais son interprétation. C'est au niveau du sens à donner à l'événement de la résurrection du Seigneur que Thomas doit passer de l’incrédulité à la foi.
Il n'est pas dit que Thomas met sa main dans les plaies glorieuses de son Maître. Nous comprenons alors qu’en réalité, Thomas n’était pas en quête d’une preuve mais qu’il demandait un « signe » pour oser croire en la miséricorde. Et le Seigneur le lui donne en lui présentant ses plaies, tout particulièrement son côté ouvert : « Cesse d'être incrédule, sois croyant ! »
Il peut enfin accueillir la grâce et prononcer dans l'Esprit la plus belle confession de foi des Evangiles : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ». L’Esprit Saint lui a donné de reconnaître en Jésus, le Fils de Dieu, vainqueur du monde par l’effusion de sa miséricorde dans l’eau et le sang jailli de son côté transpercé. Maintenant, lui aussi a « vu le Seigneur » et a confessé son Dieu. Il sait qu'il est réconcilié avec le Père et peut à son tour devenir héraut de ce pardon dont il est bénéficiaire. C’est cette miséricorde divine dont Pierre s’est laissé pénétrer sur les bords du lac quand le Ressuscité lui est apparu. C’est elle qui va désormais le suivre comme son ombre (Cf. 1ère lecture) et rejoindre tous ceux qu’il croisera. C’est elle qui va maintenant transformer les cœurs et les amener à « adhérer au Seigneur par la foi » (Cf. 1ère lecture).
Actualisation :
N’avons-nous pas besoin nous aussi du signe offert à Thomas à savoir le Cœur ouvert du Ressuscité ? En effet, quel sens donnons-nous à l'événement de la Pâque de notre Seigneur, à sa mort et à sa résurrection ? Aujourd’hui beaucoup croient que le Christ est bien apparu à ses disciples mais interprètent-ils cet événement dans son sens salvifique ?
Devant notre péché, ne nous arrive-t-il pas de nous enfermer dans la culpabilité ? Les plaies ouvertes de Jésus ne nous parlent-elles pas plus souvent de condamnation que de miséricorde ? La figure de Thomas et l’attitude de Jésus à son égard peuvent ici nous être d’un grand secours. Nous aussi, nous avons besoin de « voir » que les plaies de Jésus, que l’eau et le sang jaillis de son côté, nous parlent de vie et non pas de mort. Alors, la résurrection de notre Seigneur nous apparaîtra pour ce qu’elle est réellement : le triomphe de la Miséricorde divine !
A cette Miséricorde, nous sommes invités à nous abandonner avec confiance. Elle seule pourra triompher de nos doutes. Sainte Faustine aimait redire cette prière : « Jésus, j’ai confiance en toi ». C’est à Jésus ressuscité qu’elle se livrait ainsi, celui qui dans le livre de l’Apocalypse nous dit : « Sois sans crainte. Je suis le Premier et le Dernier, je suis le Vivant : j’étais mort mais me voici vivant pour les siècles des siècles » (Cf. 2ème lecture).
La Miséricorde divine est le don que le Christ ressuscité fait à son Eglise et offre à l'humanité. Avec le Psalmiste nous pouvons chanter en ce jour : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Car éternel est son amour ! » (Cf. Psaume), car éternelle est sa Miséricorde.
Fr. Elie