Le « ciel » est le lieu de Dieu, de la Source jaillissante de vie. Il est traditionnellement au-dessus de nous : il faut donc « monter » pour y parvenir. Encore faut-il connaitre le chemin ? Or nous l’avons définitivement perdu par le péché : « Nul ne connait le Père sinon le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11, 27). C’est précisément pour nous ouvrir à nouveau un accès au ciel que le Fils en est « descendu » : il est venu « rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52), et les « élever » vers son Père et notre Père (cf. Jn 20, 17).
Le lieu de cette élévation est cependant paradoxal : « Quand j’aurais été élevé de terre j’attirerai à moi tous les hommes » ; et l’évangéliste précise : « Il signifiait par là de quelle genre de mort il allait mourir » (Jn 12, 32). La croix est bien plus qu’un instrument de torture : elle est l’échelle de Jacob que le Fils de l’homme emprunte pour remonter jusqu’au ciel, dont il nous ouvre à nouveau l’accès. Dieu en effet « l’a élevé au-dessus de tout » (Ph 2, 9) : il lui a « donné sa propre gloire » (Jn 13, 32). Aussi, « comme le Père a la vie en lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d’avoir la vie en lui-même » (Jn 5, 26), et de pouvoir la donner à son tour : « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique : ainsi tout homme qui croit en lui ne périra pas, mais il obtiendra la vie éternelle ».
Le cœur débordant de reconnaissance et d’adoration, tombons à genoux devant la croix glorieuse de notre salut, et levant les yeux vers Celui que nous avons transpercé (Jn 19, 37 ; cf. Za 12, 10) , proclamons avec tous les êtres vivants, aux cieux, sur terre et dans l’abîme : « Jésus Christ est le Seigneur, pour la gloire de Dieu le Père » (Ph 2, 11).
Père Joseph-Marie