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Dimanche des Rameaux

dimanche 28 mars 2010

Famille de Saint Joseph
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« Quand du repas pascal fut venue, Jésus se mit à table, et les Apôtres avec lui.
Il leur dit : “J’ai ardemment désiré manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !” ». La lecture de la Passion commence par le partage du pain eucharistique. Elle s’ouvre sur l’expression du désir le plus intense de Notre Seigneur. Il nous faut accueillir ce mystère pour vivre ensuite la montée au Golgotha. Il ne s’agit pas d’un préliminaire émouvant mais de la révélation du cœur du mystère que nous célébrons tout au long de cette semaine sainte. Dans l’eucharistie, Jésus réalise son désir d’accomplir la volonté du Père. Dans l’eucharistie, Jésus se livre entre nos mains pour nous donner sa vie en partage, il se fait le plus proche de nous qu’il puisse être. Dépendant et vulnérable dans le Très Saint Sacrement, le Seigneur choisi cet état d’oblation pour notre salut. La Passion se comprend dans l’inclusion des paroles de Jésus : « J’ai ardemment désiré cette Pâque » et « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ». Le Christ donne sa vie au Père pour notre salut.

Notre méditation de la Passion a ainsi pour vertu de réveiller en nous le désir de la vie que donne le Père, de renouveler l’élan de notre être vers le Père. La Passion est un mystère d’union au Père. Traverser la semaine sainte dans la proximité et à la suite du Christ renforce ainsi notre liberté filiale. Cette liberté est un abandon simple et confiant dans la bonté du Père ; elle est une docilité parfaite aux motions intérieures de l’Esprit-Saint. En ces jours saints, nous allons connaître la joie de voir purifié et approfondi notre désir de nous faire serviteurs avec le Serviteur souffrant.

À nous qui cherchons Dieu, à nous qui, aujourd’hui plus que jamais, cherchons à découvrir Dieu tel qui est, tel qu’il vient à nous, le Père se révèle dans l’évangile de la Passion comme notre fin puisqu’il est notre source. Jésus remettant son esprit au Père nous enseigne que le Père est en lui-même notre accomplissement. Jésus rompant le pain eucharistique nous enseigne que cet accomplissement ne se situe pas dans un avenir lointain : le Père nous propose notre accomplissement à chaque instant et dès maintenant, particulièrement dans l’eucharistie qui en est la plénitude.

Entre ces deux versets, entre la manifestation du désir intime du Christ et sa mort dans les mains du Père, nous découvrons le chemin de la Croix. Il nous faut y consentir. La joie du Christ se découvre au disciple qui accepte et qui apprend à désirer le chemin de Croix. Car, dans la nuit profonde que Jésus a traversée pour nous libérer du péché et de la mort, il éprouvait joie d’accomplir la volonté du Père. Par son chemin de Croix, le Christ a rouvert aux hommes le chemin vers le Père, qui est un chemin de joie. Tel est l’itinéraire paradoxal de la semaine sainte : alors que notre amour de Jésus nous pousse à le rejoindre dans sa solitude à Gethsémani, alors que le poids écrasant de la Croix du Christ nous empêche de le rejoindre par nos propres forces, la semaine sainte nous ouvre la petite voie, elle nous unit au Seigneur en empruntant la voie spirituelle de l’enfance.

Pour Jésus, Nazareth a en effet été le creuset de la Passion. Sa confiance d’enfant l’a conduit à l’abandon au Père. Dans la mangeoire de Bethléem comme sur la Croix du Golgotha, Jésus est tenu par des liens qui n’arrêtent pas le mouvement du don de soi. Au contraire, Jésus s’est laissé lier sur la Croix pour nous libérer de nos esclavages. L’Enfant Jésus s’est laissé emmailloter parce que l’amour qui rend libre est dépendance radicale. La Croix, comme la mangeoire, est le bois sur lequel la Vie vient au monde. Il est ainsi particulièrement approprié de nous tourner vers Marie pour apprendre d’elle l’abandon confiant de l’enfance spirituelle. Le Saint-Père Benoît XVI, commentant un verset de psaume, « fille de Tyr, les plus riches du peuple, chargés de présents, quêteront ton sourire » (Ps 44,13), voyait dans les « riches du peuple » les personnes qui, dans l’ordre de la foi, présentent la plus grande maturité spirituelle. En effet, seule une maturité spirituelle élevée permet de reconnaître sa faiblesse et sa pauvreté devant Dieu. Apprenons donc de Marie le consentement à nos petitesses, le consentement à porter nos croix faiblement, et Marie nous apprendra l’abandon confiant entre les mains du Père. Alors notre cœur saura s’ouvrir à la compassion envers nos frères, à l’image de Notre Seigneur pardonnant à ses bourreaux. La joie du Christ sur la Croix est d’accomplir la volonté du Père en réconciliant le monde avec lui. La Croix est le trône royal depuis lequel le Christ décrète le salut du monde, le porche d’entrée dans la vie du Père.

Ainsi la méditation de la Passion de Notre Seigneur nous enseigne-t-elle que notre vie est le passage vers le Père avec et en Jésus. Que ces jours saints soient pour chacun de nous l’occasion de consentir à la Croix comme chemin de vie, le temps de la grâce qui fait entrer dans la joie d’accomplir en toutes choses la volonté du Père : « que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne ».
Frère Dominique
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